Apparition dans le journal « l’information agricole du cher »

14 avril 2025

Terra Vitis : quand la vigne s engage pour 1environnement et l’humain.

À Sury-en-Vaux, le domaine de Philippe Raimbault cultive bien plus que du raisin : il défend une viticulture durable, humaine et rigoureuse grâce à la certification Terra Vitis, engagée pour la planète… et pour les générations futures.

Depuis 2015, le domaine viticole de Philippe Raimbault, situé à Sury en-Vaux, est certifié Terra Vitis. Cette certification accompagne les vignerons dans une démarche respectueuse de l’environnement, du personnel et du consommateur, de la vigne jusqu’à la bouteille. « Je souhaitais une conduite de la vigne et un travail de vinification jusqu’à la commercialisation le plus propre possible par rapport à l’environnement et mon personnel », explique Philippe Raimbault. Avec sa fille Perrine, il cultive des vignes sur les appellations Sancerre, Pouilly Fumé et Coteaux du Giennois. Pour eux, Terra Vitis est une véritable boîte à outils. Elle leur permet de réduire les intrants et d’assurer de meilleures conditions de travail.

Le cahier des charges repose sur trois piliers : réduire, réutiliser, recycler. Laisser faire la nature, agir au bon moment
Ce qui a séduit Philippe Raimbault, c’est la démarche globale, vertueuse et pérenne : « Je laisse faire la nature, j’observe beaucoup, j’agis au moment opportun », confie-t-il. La préservation de l’environnement est une priorité. « Je taille les haies aux bonnes dates, je ne touche pas aux arbres, j’ai créé des espaces de verdure, des abris pour insectes, pour hérissons, j’ai installé des nichoirs pour chauves souris, j’ai laissé des tas de pierres qui abritent différentes faunes, tous ces éléments pour que la biodiversité reprenne vie»,explique-t-il. Sur ses 17hectares (dont 10en Sancerre),
61 % des surfaces sont reconnues agroécologiques. À la vigne, les pratiques sont naturelles autant que possible : amendement organique, biocontrôle, désherbage mécanique, aucun insecticide depuis vingt-cinq ans. Ces choix permettent de préserver les sols, de réduire les émissions de C02 et de protéger la faune. Les indicateurs de fréquence de traitement (IFT) ont été réduits sur les trois appellations. « Je suis autorisé à utiliser des produits de synthèse quand ils ne peuvent pas être substitués, quand je ne peux faire autrement », précise-t-il. Une philosophie qui se prolonge en cave. La démarche environnementale s’applique également en cave. La gestion de l’eau, le choix des matériaux, le recyclage et la réduction des déchets sont pensés dans le moindre détail. « Par exemple,
nous passons plus volontiers le balai que le jet d’eau pour les sols,
les produits de nettoyage sont bio », indique Philippe Raimbault. « Le poids des bouteilles est allégé, le support des étiquettes est recyclé, les encres sont à base d’eau, les emballages sont réduits, le scotch plastique est remplacé par du kraft. Les fournisseurs reprennent leurs conditionnements, et certains clients reviennent même avec leurs emballages», détaille Perrine Raimbault, qui prendra la suite du domaine. Grâce à ces efforts, les déchets ont fortement diminué
en dix ans. Les salariés sont pleinement associés à la certification. Des formations sont mises en place sur la sécurité, la prévention des troubles musculosquelettiques, l’ergonomie. « Par exemple, nous n’utilisons que des cartons de six bouteilles et non plus de douze afin de limiter le poids, le mal de dos ou autres », précise le vigneron. Un œnotourisme à l’image du domaine La durabilité s’invite aussi dans l’accueil du public. « Nous organisons des visites à thème et des dégustations dans la cave et dans les vignes, ajoute Perrine. Nous insistons sur la consommation responsable. » Tout est noté, tracé, contrôlé : «J’enregistre mes pratiques au quotidien, îlot par îlot, mes doses apportées, mes consommations d’eau et d’électricité, etc.Car ensuite tout est contrôlé », explique Philippe Raimbault, avant d’ajouter que « le naturel reste la prédominance ». Il apprécie aussi les échanges réguliers entre adhérents Terra Vitis, qui permettent de partager les expériences et d’améliorer les pratiques. Un engagement valorisé auprès des clients Au-delà de l’impact environne mental, cette certification contribue aussi à la viabilité économique de l’exploitation. « Nous faisons des efforts pour l ‘environnement, pour nos salariés, cela a un coût. La certification est à 50 euros par hectare,sans compter les autres investissements. Mais on sait que l’on peut faire des économies sur certains postes. C’est un choix, mais valorisant pour l’image du domaine et nos clients », conclut Philippe Raimbault.